1914, L'artisanat de tranchée

1917, entre mutineries et espoir. L'enée en guerre des USA

Cette exposition qui commémore le centenaire du début du carnage que fut la Grande Guerre, s'articule autour de trois thèmes principaux:

- Comprendre pourquoi une telle horreur par l'évocation de la Guerre de 1870-1871 dont la principale conséquence fut la perte des départements lorrains qui alimenta l'esprit vindicatif français.

- L'artisanat de tranchée ou comment les soldats, à leurs heures perdues transformèrent des objets de mort en objets utiles ou même en œuvres d'art, liens, aussi avec l'arrière et la vie civile.

- Évocation du soldat de 1914 par la présentation de ses uniformes et équipements. Projection d'images d'archives, présentation d'affiches et mise à disposition d'ouvrages et revues, tous d'époque et authentiques.

Sont exposés plus de 400 objets d'artisanat de tranchée parfaitement préservés. Outils d'écriture, objets de culte, jouets et autres articles du fumeur, en bois, en métal ou encore en tissu.

Autant de souvenirs émouvants qui tissent un lien étroit entre ce douloureux passé et nos visiteurs, enfants d'un nouveau siècle.

C'est dans le décor de l'exposition que le spectacle "Le Petit Cabaret des Gueules  Cassées" s'est joué.

Quel artisanat ? Où et quand le soldat s'y consacre-t-il ?

Même, si certainement, certains objets furent confectionnés sur le terrain même des combats, l’artisanat dit "de tranchée" fut, la plupart du temps, une activité pratiquée à l'arrière de la tranchée, en seconde ligne et le plus souvent pendant les périodes de repos, à l'arrière des lignes de fronts, en convalescence, en permission et surtout en captivité.

De même, ces réalisations ne furent pas toutes réalisées durant la guerre.

Combien d’objets furent rapportés comme souvenirs ou trophées puis raccourci, martelés assemblés afin de leur donner un autre sens ou une nouvelle utilité avant d’être gravés du nom d’une bataille, d’une année, et bien souvent des deux.

 

Distance des lieux, distance dans le temps,  il n’est pas toujours possible aujourd’hui de différencier ces objets en leur attribuant une date de création, un lieu de fabrication.

Toujours est-il qu'ils ont tous cette caractéristique d'avoir été conçus par des soldats avec les matériaux dont ils disposaient dans leur cadre de (sur)vie, à savoir les lieux mêmes des combats.

Que ces objets si beaux, parfois touchants ont été créés à partir de balles, de cartouches, de douilles, de ceinture d'obus en cuivre, tous, objets de mort ou encore en utilisant des os animaux, des morceaux de bois, de cuir ou de métaux, façon astucieuse de ce qu'on appelle aujourd'hui de recycler.

Il est à noter qu'en ce début de XXème siècle, chacun possède encore une fibre artistique et créative, support de l'imaginaire qui n'a pas encore été éradiquée par les écrans et autres interfaces qui rendent leur utilisateur passif, soumis, réceptacle vide et percé ...

Ainsi, chaque gamin a-t-il, au fond de sa poche, un petit canif, un bout de ficelle et sait employer son temps libre en libérant sa créativité.

Tout naturellement, ce gamin devenu soldat a gardé cette fibre. Et les instants d'accalmie, quand ils ne sont pas dédiés au courrier (socle de son moral et seul lien avec les siens), sont-ils employés à dessiner, peindre, bricoler, sculpter, graver, et même broder (!) en un mot: créer !

Voici quelques exemples de cet Art des Tranchées (cliquez sur les thèmes):

 
ecrire
la lumière
la religion
le fumeur
le temps libre
les souvenirs
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